saint Jacques et Compostelle

Pèleriner par étapes

lundi 12 novembre 2007 par Webmestre

Un pèlerinage par étapes

Je suis étudiant en mathématiques à Lyon et j’ai l’intention de me rendre avec mon amie à Saint-Jacques de Compostelle dans trois ans en trois grandes étapes. En effet, nous partirions non pas du Puy mais de Cluny. Notre premier itinéraire sera donc de rallier Le Puy en Velay par un chemin passant dans les Monts du Forez. Désirant respecter l’esprit du chemin, je voudrais savoir si le Credencial est "reconnu" entre Cluny et le Puy. Quand je parle de reconnaissance, ce n’est pas pour en retirer un quelconque avantage économique mais peut-on être tamponné avant le Puy, pour témoigner de l’intégralité de notre voyage ? Auprès de qui peut-on se faire tamponner ? Mairies, auberges, campings ? De même, une autre question qui pourra vous paraître idiote : une crédencial suffit-elle toujours ou le nombre d’étapes n’impose-t-il pas parfois plusieurs crédencial ? Je vous remercie d’avance pour tous les renseignements que vous pourrez me fournir sur ce fameux carnet du Pélerin. De plus, est-ce une hérésie de partir avec une tente ? Cela enlève-t-il le charme de la rencontre ? Le gîte est-il indispensable pour la reconnaissance du pèlerinage par la crédencial ?

Si tu poses toutes ces questions, c’est que tu n’as pas trouvé sur notre site les réponses que tu cherchais. Je vais compléter de mon mieux. Mais si, étudiant, tu as quelques loisirs pour aller fouiller dans ce site et aider à l’améliorer par tes commentaires et ceux de ton amie, tu rendras un grand service au " webmaître ", bénévole et formé sur le tas que je suis. Donc, ce fameux carnet de pèlerin. A l’origine, il sert à attester de la qualité de pèlerin, donc il est remis par quelqu’un ayant autorité pour ce faire, il est lettre de créance ou document à faire viser parce que le porteur est envoyé en pèlerinage pénitentiel et doit à son retour justifier l’accomplissement de sa peine ... mais c’est de l’histoire.

Aujourd’hui :

- le carnet de pèlerin, ou tout document* justifiant que le porteur a fait les 100 derniers km à pied sert à obtenir un certificat de pèlerinage, ou Compostela, du Bureau des pèlerinages de la Cathédrale de Compostelle (* ce peut être une série de tampons de campings, de restaurants, bureaux de poste ... sur papier libre ou sur un carnet de route ou un livre mais permettant de vérifier la chronologie et la longueur des étapes), en fait le carnet de pèlerin est pratique, car si chacun arrive avec un support quelconque les vérifications seront interminables et parfois il y a foule ...

- ce carnet est aussi un souvenir personnel du parcours effectué, en ce sens il n’a besoin d’aucune reconnaissance

- il sert en Espagne à avoir accès aux gîtes réservés aux pèlerins, sans que ce soit un absolu, certains gîtes offrent un accueil sans carnet mais la plupart sont assez stricts et il vaut mieux qu’il soit d’un modèle connu (mais il y en a sans doute une bonne vingtaine ... )

- la majorité des carnets sont remis par une association de pèlerin (en échange d’une adhésion, souhaitée mais pas obligatoire), l’association se porte garante de la qualité de pèlerin de celui qui en a fait la demande ; mais devant le succès de Compostelle divers organismes vendent ou distribuent des carnets, depuis 1998, l’Eglise catholique de France a également institué un carnet de pèlerin pour ceux qui souhaitent se recommander d’elle et inscrivent leur pèlerinage dans une démarche de dévotion,
- en France le carnet est parfois demandé par certains accueillants, paroisses, particuliers, gîtes qui y trouvent une certaine sécurité ; les associations encouragent cette pratique pour éviter que les accueillants bénévoles aient de mauvaises surprises avec des "pèlerins" peu scrupuleux (normalement l’association qui délivre le carnet relève l’identité de celui à qui elle le remet)

- le plus souvent le nombre de cases prévu suffit pour un grand pèlerinage.

Pourquoi serait-ce une hérésie de partir avec une tente ? C’est tellement agréable de pouvoir le faire. Et cela permet des contacts avec le paysan qui prête son champ, le particulier qui ouvre son jardin, la tenancière du camping ou les autres voyageurs ... il y a du charme aussi à croiser tous ces étrangers ... Il ne faut pas être obnubilé par les récits de pèlerins qui s’extasient de se retrouver entre eux le soir dans des gîtes qui, à regrouper les mêmes personnes, finissent par créer des atmosphères artificielles même si elles sont sympathiques. Etre pèlerin c’est accepter d’être étranger, c’est le sens initial du mot. Le gîte n’a rien d’obligatoire, pas plus que la boue des chemins ou les détours des GR. Si je peux me permettre un conseil : dans trois ans partez d’où vous pourrez pour aller d’une traite à Compostelle selon le temps dont vous disposerez. Ne saucissonnez pas cette expérience forte, vivez là à votre rythme, selon vos envies, ne vous laissez pas impressionner par toutes les obligations que vous imaginez à la lecture des témoignages ou en écoutant les anciens pour qui le pèlerinage est une sorte de " bizutage " par lequel ils sont passés et qu’ils tendent à imposer. Soyez libres et heureux de marcher vers saint Jacques ou tout autre saint qui vous parlera plus s’il en est un (une). Ultreia

Voici un complément envoyé par un visiteur du site :

Pour compléter la réponse, et pour citer mon cas personnel, j’ai pu aller de Chalou-Moulineux (Essonne) jusqu’à Orbigo (Léon) soit environ 75 jours de marche avec la première credencial (carnet de pèlerin). Mais j’avais pu m’en procurer une nouvelle en route, à Navarette. Certains cachets sont très grands et prennent toute une largeur à eux seuls (maison des pélerins à Arthez de Béarn, le petit bonhomme de la Cassagnole, le centre équestre des monts d’Aubrac, …)

Merci pour tous ces conseils qui me permettent de voir ce pélerinage d’un oeil plus neuf, et surtout avec une plus grande impression de liberté.

Voici nos principales motivations au départ :

- Tout d’abord, cette idée est apparue à la suite d’une première randonnée de 250 km avec mon amie l’année dernière. Nous avions traversé la Bourgogne pour rallier nos maisons respectives. A notre arrivée, une seule envie : repartir. Ou plus précisément, continuer le chemin... En effet mon amie habite près de Cluny et moi-même, bien qu’étudiant à Lyon, j’habite près de Vézelay.

- Ensuite, j’espère retrouver tout au long de ce chemin la même sérénité que lors de cette première randonnée. Bien qu’étant athée, je trouvais dans tous ces lieux, ces monuments rencontrés, dans ma solitude aussi, un certain écho de spiritualité. D’une certain manière, je sacralisais chacun de mes pas.

- Je pense que ce chemin à travers la France et l’Espagne est aussi pour moi une sorte de montagne, de défi dans lequel je trouve une raison à ma vie. On pourrait penser que je suis rétrograde, mais j’aimerais retrouver un peu le souffle de nos ancêtres qui ne connaissaient pas tous les conforts qui nous paraissent aujourd’hui indispensables.

- C’est en fin de compte une espèce d’appel au voyage, à l’aventure. Outre ces aspects qui peuvent être considérés comme propres à la randonnée, il y a quelques raisons plus personnelles :

- C’est par les difficultés et les obstacles que l’on surmontent à deux que se solidifie l’amour. Ainsi, mon amie et moi faisons ce chemin aussi pour connaître un niveau de connivence, d’intimité et de confiance que l’on ne peut atteindre que par de pareilles épreuves. D’une certaine manière, on apprend que l’autre est un soutien, une aide pour toute la vie.

- Aussi, nous marcherons sur les traces d’un être cher à mon amie. Son grand-père a en effet effectué le pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle dans les années 70. Je n’ai malheureusement jamais pu connaître cet homme qui est mort il y a maintenant plus de deux ans. C’est un peu pour lui rendre hommage que nous partons à sa suite. Il sera sans doute souvent dans nos coeurs, en particulier pour mon amie et nous savons qu’il aurait été fier de nous savoir, nous aussi, sur le Chemin.

Voilà. Cette année, nous ferons donc Cluny-Le Puy. L’année prochaine, si nos études nous le permettent, nous parcourons toute la partie française jusqu’à Saint-Jean Pied de Port. Puis, l’année suivante, nous rejoindrons Saint-Jacques et j’aimerais bien poursuivre jusqu’au Cap Finistere. Nous destinant au métier de professeur tous les deux, le temps nous manquera sûrement pour suivre ce planning mais il ne tiendra qu’à nous de le réaliser le plus vite possible. Enfin, vous me trouverez sans doute ambitieux, mais j’aimerais réaliser ce pélerinage deux fois dans ma vie. Maintenant, à la veille de fonder un foyer avec, je l’espère, celle qui m’accompagnera sur le chemin de Saint-Jacques et beaucoup plus tard, lorsqu’arriveront mes vieux jours et que mes enfants n’auront plus besoin de moi. Ce serait un peu comme une fontaine de jouvence vers mes souvenirs passés. Je vous remercie encore pour tous vos renseignements. Si vous pouviez m’offrir un peu le témoignage de votre propre pélerinage et sur les traditions jacquaires à ne pas abandonner même si ce chemin doit rester un chemin de liberté, j’aurais alors la plus grande joie de passer encore un moment à vos côtés.


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