saint Jacques et Compostelle
Compostelle évolue ...
Une universitaire galicienne confirme les positions de la Fondation (lundi 22 octobre 2007)
Un livre d’une universitaire galicienne corrobore les positions de la Fondation. L’actualité de l’édition espagnole confirme la proximité des positions de la Fondation avec celles de certains milieux universitaires galiciens.

Le 14.11.2006 a eu lieu dans l’Hostal de los Reyes Católicos à Compostelle la présentation du livre "Los mitos del Apóstol Santiago" qui est qualifié par le journal "El Correo Gallego" de " livre qui met en question les reliques de l’Apôtre et le chemin médiéval ". L’oeuvre publiée par la maison d’édition Nigratrea a été écrite par Ofelia Rey Castelao, professeur d’histoire moderne à l’université de Compostelle.

Dans un entretien au même journal l’auteure déclare que le but du livre est de "synthétiser des idées critiques", ligne, ajoute le journal, "à laquelle contribuent aussi les travaux de Denise Péricard-Méa et de Francisco Márquez Villanueva".

L’article du "Correo Gallego" (14.11.2006)

Ofelia Rey Castelao, professeur d’Histoire Moderne, recueille dans un volume ce qu’elle qualifie de mythes sur l’origine de Compostelle. Selon l’auteure « Des intérêts idéologiques, politiques et religieux ont contribué à nourrir la légende ». Le livre, destiné à un public non spécialisé, est basé sur les nombreuses investigations réalisées par Ofelia Rey Castelao depuis 1978 .
La mise en question de l’authenticité des restes de l’Apôtre, vénérés dans la cathédrale de Compostelle, remonte aux temps de leur découverte. Ofelia Rey Castelao, professeur d’Histoire Moderne à l’Université de Compostelle, revisite dans « Los mitos del Apóstol Santiago » la bibliographie critique sur l’authenticité des reliques et sur ce qu’elle considère comme le labyrinthe mythique créé autour de l’apôtre saint Jacques.
Le livre, publié par Nigratrea et le Consorcio de Santiago, propose au lecteur moyen une nouvelle vision sur la thématique jacquaire, étudiant chaque mythe d’un point de vue historique.
A l’incertitude sur l’authenticité des reliques s’ajoute le doute sur les pèlerinages de masse au Moyen Age. Selon Ofelia Rey les documents historiques parlent de « beaucoup » ou « d’un nombre élevé » de pèlerins sans jamais donner de références numériques.
Selon l’essai, le Camino de Santiago est « une construction historique qui profite du réseau des routes romaines et médiévales transformées en voie de pèlerinage fixé pour la postérité » quand il s’agissait en réalité « d’une voie de communication et de transit commercial ».
Sont également mis en question dans le livre les origines du patronat de l’Apôtre et du Voto à Santiago, nés de la falsification d’un privilège royal selon Ofelia Rey, qui avait déjà traité ce sujet dans sa thèse de doctorat. Selon l’auteure son essai explique, dans une perspective historique, un phénomène sur lequel existe une bibliographie abondante mais en général mal documentée.
« Les nombreux livres publiés par des journalistes, des politiciens et des religieux sans aucune méthodologie historique ont contribué à nourrir le mythe » explique Ofelia Rey qui fait des recherches sur cette matière depuis presque trente ans. Elle assure que son livre, une commande de la maison d’édition, a pour but de « synthétiser des idées critiques », ligne à laquelle ont aussi contribué la française Péricard-Méa et Francisco Márquez Villanueva. Dans « Los mitos del Apóstol Santiago », elle explore l’histoire critique de la tradition jacquaire qui est presque aussi ancienne que le mythe lui même.

L’entretien de l’auteure.

Avec votre livre renaît la vieille polémique de l’authenticité des reliques de saint Jacques.
La bibliographie critique existait déjà au Moyen Age. Au XVI siècle elle est renforcée avec le Concile de Trente où tout ce qui se réfère à saint Jacques est considéré comme une tradition pieuse. Cela démontre que la papauté a toujours gardé une prudente distance avec le phénomène.

Pourrait-on aujourd’hui authentifier les restes de l’Apôtre ?
Ce n’est pas possible puisqu’une bulle papale interdit d’ouvrir l’urne où ils sont déposés mais cela n’a non plus aucun sens puisque l’authentification n’intéresse personne. Il y aurait très peu d’importance à démontrer que les reliques sont fausses, ce qui est important est tout ce qui les entoure. Les gens continueraient à venir à Compostelle puisque la grande majorité ne vient pas pour le fait religieux particulier mais plutôt dans une démarche spirituelle différente.

Dans votre essai vous citez d’autres lieux où l’on vénère également les restes de saint Jacques.
Oui, à Toulouse par exemple. Au Moyen Age les pèlerins visitaient d’abord Toulouse avant de se diriger vers Compostelle.

Comment sont nés les mythes autour de saint Jacques ?
Tous les mythes ont une cause et normalement ils remplissent un vide. Les intérêts peuvent être sociaux, économiques ou religieux mais une fois qu’ils comblent ce vide ils se développent. Grâce à la réitération des Années Saintes, le mythe se renouvelle en permanence.

Vous expliquez que le mythe fut utilisé par Franco.
Le Santiago Matamoros était très utile au début du franquisme pour renforcer l’image de la Croisade et de la victoire sur les infidèles. Actuellement un chercheur prépare une thèse sur la question qui sans doute fera beaucoup de vagues.

Quelle a été la réaction de l’Eglise sur votre livre ?
Je ne m’attaque pas aux croyances, je fais uniquement la différence entre mythe et histoire et je ne souhaite polémiquer avec personne. L’Eglise devrait plutôt se préoccuper de la continuité et de la rénovation du clergé dans la ville.

(Traduction de l’espagnol de C.Montenegro)


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